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Exégèses de la « mécréance » (kufr) et statut légal du non-musulman dans le commentaire coranique d’al Qurtubi (m. 671/1273)

Géraldine Jenvrin

Exégèses de la « mécréance » (kufr) et statut légal du non-musulman dans (...)

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Jenvrin (Géraldine), Exégèses de la « mécréance » (kufr) et statut légal du non-musulman dans le commentaire coranique d’al Qurtubi (m. 671/1273), Leuven, Brepols, ("Religion and Law in Medieval Christian and Muslim Societies – RELMIN"), 2024, 624 p. ISBN 978-2-503-60728-3

Autrice

Géraldine Jenvrin est arabisante, elle a mené sa thèse intitulée L’interprétation de la notion de mécréance et le statut légal du non-musulman dans le Commentaire coranique d’al-Qurṭubī (m. 671/1273) sous la direction conjointe de John Tolan, professeur à l’Université de Nantes et d’Alejandro García Sanjuán, professeur à l’Université de Huelva en Espagne. Entre 2012 et 2017, elle mène son travail de thèse au sein de l’équipe du projet RELMIN sur les minorités religieuses dans l’espace euro-méditerranéen au Moyen Âge.

Presentation

Al-Qurṭubī (m. 671/1273) est l’auteur d’un commentaire coranique qui constitue, depuis le XIIIe siècle jusqu’à nos jours, une référence incontournable dans la transmission du savoir islamique. Ce monumental commentaire offre un matériel pluridisciplinaire permettant d’accéder de manière inédite à une représentation à la fois globale et contextualisée du thème de la non-islamité dans les différentes branches de la pensée islamique. Dans ce texte, l’exégèse coranique renseigne le matériel juridique : elle a pour fonction de l’expliquer. Ainsi les notions coraniques sont réinterprétées, détachées de leur contexte d’origine, en vue de fonder le patrimoine juridique ainsi que les règles de droit dans le Coran considéré comme source de loi.

Cette recherche démontre que la notion de mécréance avait initialement un sens purement politique renvoyant à des actes d’insoumission, de déloyauté et d’iniquité. La notion s’élabore dans le contexte historico-mythique de paix brisées, guerres et conciliations évoquées dans le Coran. L’idée de filiation entre les religions monothéistes, tout particulièrement celle que l’islam provient des religions des « Gens du Livre » –Juifs et Chrétiens -, est dominante. La “mécréance” devient alors l’argument qui permet de réhabiliter la coexistence entre musulmans et non-musulmans. Puis on découvre que c’est d’avantage la non-islamité accompagnée de l’allégeance politique – plutôt que le critère de mécréance en tant que tel -, qui détermine l’octroi de la protection légale (dhimma) aux non-musulmans résidant en Terre d’Islam.


Voir en ligne : Brepols